Mobilités

Mettre un terme à l’anarchie sur les trottoirs

06.06.2019

Chaque mois, de nouveaux opérateurs investissent les trottoirs parisiens. 13 sont aujourd’hui déployés dans la capitale, totalisant 15.000 engins en libre-service. Au rythme actuel, ce nombre pourrait atteindre les 40.000 dans les prochains mois.

La charte a enfin été signée avec les opérateurs, le 20 mai dernier, mais l’anarchie continue : la presse se fait l’écho tous les jours ou presque d’accidents graves, les médecins-urgentistes tirent le signal d’alarme sur les dangers pour les usagers et les piétons. Ces accidents ne sont d’ailleurs pas couverts par une assurance spécifique de l’opérateur.

En dépit de quelques opérations devant les journalistes, les trottinettes continuent de circuler et de stationner sur les trottoirs. La Mairie de Paris n’a pas assumé son rôle de régulateur, alors que d’autres villes l’ont fait (Nice, Bordeaux, etc).

Après avoir déposé il y a 7 mois un projet de code du trottoir, qui prévoyait l’interdiction de circulation sur les trottoirs et la mise en place d’une redevance, nous déposons comme à chaque conseil des nouvelles propositions :

1/ Nous demandons un moratoire sur la circulation des trottinettes, cela permettra de lancer un appel à concurrence pour exploiter un service avec un nombre limité de trottinettes et d’opérateurs, avec des obligations contractuelles et des pénalités financières en cas de non-respect.  

2/ Nous voulons que les chiffres de l’accidentologie soient publiés. Les dernières statistiques datent de 2017, avec une augmentation de 20 % des blessés ou tués en rollers ou trottinettes par rapport à 2016 pour Paris. C’était avant l’arrivée du free floating. Le projet de décret ne prévoit une obligation que pour les moins de 12 ans.

3/ Comme le recommandent les médecins, nous demandons que le port du casque devienne obligatoire. Aux opérateurs de mettre à disposition sur les trottinettes un casque, comme le font ceux qui louent des scooters. 

4/ Limiter la vitesse des trottinettes. 

Il est facile de brider la vitesse des trottinettes électriques. Aujourd’hui, elles peuvent rouler jusqu’à 25 km/h sur les trottoirs. Selon les médecins, cette vitesse entraîne inévitablement des conséquences graves pour les piétons et les usagers. 

Nous proposons donc de limiter la vitesse des trottinettes à 15 km/h de manière générale et à 8km/h dans les zones piétonnes, comme l’a fait Lyon. 

5/ Réduire les délais avant l’enlèvement des engins génants

La charte de bonne conduite laisse 24h à l’opérateur avant que les services de la Ville enlèvent une trottinette qui gêne les piétons. La Ville invite les opérateurs à le faire dans les 12h. 

Ces délais sont beaucoup trop longs, nous proposons de les réduire pour que l’opérateur s’engage à enlever les engins signalés gênants dans les 3h, sous peine que les services de la Ville le fasse dans les 3h qui suivent.

6/ Les trottinettes sont présentées comme une forme de mobilité durable. Or, leur usage pose des questions environnementales de premier ordre :

la durée de vie d’une trottinette a été estimée à 28 jours et 227 km par une association environnementale américaine, ce qui pose la question de leur recyclage ;

les chargeurs de trottinettes utilisent parfois des véhicules Diesel pour déposer et récupérer les engins ; 

la recharge a pu être faite avec des groupes électrogènes fonctionnant au Diesel ;

Nous demandons donc que chaque opérateur fournisse un bilan environnemental de leur activité : durée de vie des engins, mode de recharge, énergie utilisée par les véhicules de dépose/récupération, recyclage des trottinettes hors service.